A la découverte de l’hyperlapse

Si 2012 aura été l’année du timelapse, 2013 sera celle de l’hyperlapse. Avant de transformer notre appareil photo en capsule spatio-temporelle (et oui, c’est de ça qu’il s’agit), voyons un peu à quoi ça ressemble et comment apprivoiser cette technique.

Hyperlapse, c’est plus que du timelapse.

D’abord, petite analyse étymologique.

Hyper, c’est du grec (et oui, les djeuns parle le grec) et cela veut dire « supérieur à ».

Mais comme le rappelle wikipédia : Dans le langage courant, l’épithète « hyper » est à tort considérée comme supérieure en intensité à celle de « super ». En effet, « super » est un emprunt direct au latin ayant un sens équivalent au terme grec « huper » qui donnera plus tard « hyper » Il fallait le rappeler.

Lapse, c’est de l’anglais, et cela se traduit par … « laps de temps » ou intervalle.

D’où le terme Hyperlapse qui voudrait dire en grec-anglais quelque chose comme plus grand que l’intervalle de temps.

Soit on s’en tient à cette définition, soit on interprète l’hyperlapse comme une réinvention du timelapse, un truc… encore plus fort. Gardons cette seconde hypothèse…

 

Un timelapse en mouvement

Rappelons-le, le timelapse est un assemblage de photos prise à intervalle régulier au même endroit. En lisant la séquence à 24 images par seconde, on a un effet d’accéléré. Effet saisissant en présence de foule, véhicules en mouvement et de nuages traversant le ciel. (à lire un mode d’emploi du timelapse, et un petit rappel des erreurs à éviter).

L’hyperlapse, c’est un timelapse qui bouge.

De nombreux timelapses sont réalisés à partir d’un réflex posé sur des systèmes de dolly ou de glidetrack pour avoir un mouvement de travelling supplémentaire. Mais l’hyperlapse va bien plus loin. L’appareil photo se déplace sur plusieurs dizaines de mètres. D’où l’impression de voyager dans le temps. La caméra se déplace dans un environnement accéléré.

 

La première vidéo à avoir fait découvrir l’hyperlapse est sans doute l’œuvre de Shahab Gabriel Behzumi alias b-zOOmi avec « Berlin  Hyperlapse » .On a le sentiment de flotter autour des monuments, de voler dans Berlin. En Mars 2013, elle a été vue pratiquement 200 000 fois ! Gageons, qu’avec cet article, le demi-million de vues devrait vite être atteint.

On peut aimer ou pas le traitement colorimétrique de la vidéo, mais sa réalisation est extraordinaire. De longues heures en de post-production ont été nécéssaires pour stabiliser les images les unes par rapport aux autres. Un travail énorme.

 

Comment on fait ?

De manière simpliste, il « suffit » de déplacer l’appareil photo entre chaque prise. Idéalement, on travaille avec un trépied, et on le déplace tout au long du tournage du timelapse.

  • Cadrage
  • Déclenchement
  • Déplacement
  • Cadrage

Voici le making-of de Mayeul Akpovi qui montre comment il se déplace pour réaliser un hyperlapse de Notre-Dame de Paris.

 

La vidéo complète de Paris in Motion, époustouflante :

 

Pas si simple en fait !

En pratique, il va falloir être vigilant à plusieurs choses. Si un timelapse se réalise pratiquement tout seul, l’hyperlapse va demander d’être très attentif à son cadre, sa mise au point mais également aux distances entre les différentes prises de vues.

Le déplacement

Avant de commencer le tournage, il va falloir faire un peut de repérage. Les déplacements doivent être réguliers. La plupart des photographes conseillent un écart de 40 à 60 cm selon le sujet de la séquence. Si ces écarts ne sont pas constants, la vidéo risque de perdre en fluidité et souffrira d’accélération et de décélération dans le mouvement de la caméra.

Prenez bien en compte ce paramètre. Prenez des repères au sol, ou marquez en avec une craie, des petits cailloux, des miettes de pains…Attention si il y a beaucoup de foule et si le sol n’est pas régulier (terrain pas plat, escaliers, trottoirs…)

Le cadre

A chaque photo, il va falloir recadrer son sujet du fait du déplacement du trépied. Dés le départ, il faudra prendre un repère dans le cadre : la rosace de la cathédrale, un pilier de pont, une statue…Travaillez avec le LiveView et activez l’aide la grille de repères sur l’écran. Avec ce quadrillage, vous conserverez votre repère de départ (la rosace, le pilier, la statue…) au même endroit dans votre cadre. En vous déplaçant, c’est la perspective qui changera et qui fera tout son charme.

Attention à l’horizon. C’est une des difficultés de cette technique. Dans l’idéal, utilisez un trépied avec une bulle. C’est-à-dire un petit niveau à bulle qui vous aidera à refaire vos niveaux après chaque déplacement. Sinon, il peut être opportun d’en rajouter un sur le boîtier. Un petit niveau à bulle ne devrait coûter que quelques euros dans un magasin de bricolage.

Tous ces efforts sont importants pour minimiser et optimiser le travail de stabilisation en post-production. Il est possible de faire des miracles avec les logiciels, mais parfois les voies du seigneurs sont impénétrables.

Le focus

Une problématique à prendre en compte surtout si vous effectuez un travelling avant, c’est-à-dire un déplacement vers votre sujet.

En travelling latéral, la mise au point de devrait pas être un gros problème si elle est bien fait dés le début. A vous de choisir un diaph plus fermé et/ou un grand angle si vous souhaitez une grande profondeur de champs.

Mais en évoluant vers votre sujet, votre mise au point devra être réévaluée à chaque prise de vue. En travaillant avec une profondeur de champs très grande, vous aurez moins de problème. L’option d’une mise au point automatique peut être envisagée. Pour cela, il faudra passer par une sélection sur l’écran. Préférez une zone par points et sélectionnez le repère choisit pour votre cadre (la rosace, le pilier…). Ce repère sera donc toujours net.

Le problème se la mise au point automatique est si quelqu’un ou quelque chose passe dans votre cadre, au niveau de votre zone de sélection pendant l’autofocus. Et là…ben photo à jeter.

 

Programmer l’intervallomètre

On reprendra les réglages utilisés pour faire un timelapse. Cela va être conditionné par ce qui se passe dans votre cadre : nuages rapides, circulation, foule…Mais attention, il sera difficile (du moins dans un premier temps) de travailler avec un intervalle trop réduit. N’oubliez pas qu’entre deux prises, il faudra vous déplacer, bien vous positionner, recadrer, etc…

 

Post-production

Un gros travail sur ordinateur est à attendre.

D’abord, un travail de correction de colorimétrie (mais pas obligatoire non plus). Ces corrections vont dépendre de vos aptitudes aux corrections, du format de vos images (plus de possibilités avec du RAW), et bien sûr de l’état initial des photos !

Ensuite vient le travail de stabilisation et d’assemblage des images. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet (du moins aujourd’hui). Assembler les photos en séquence vidéo est relativement facile. Mais la stabilisation est plus pointue (même si c’est la machine qui travaille !). VirtualDub est compétent là-dessus, et bien sûr After Effect (avec l’outil Wrap Stabilizer).

 

De bons travaux pratiques en perspective pour qui veut se lancer dans l’hyperlapse. En espérant que le résultat soit au rendez-vous. Mais déjà l’hyperlapse se retrouve dans de nombreuses vidéos et devient une nouvelle technique pour capter l’ambiance d’un lieu.

 

 

  1. PtijaaaPtijaaa05-20-2013

    Bonjour!
    Tout d’abord, un grand bravo pour ce blog si riche en découverte, information et lien en tout genre!!! Vraiment merci!
    Actuellement sur mac, je souhaiterai savoir si tu connaîtrai un logiciel mac (autre que after effect) capable de recadrer, comme tu l’explique dans cette article!
    En espérant une réponse (même négative…?!)!
    Très bonne continuation!
    Cordialement.

    • RomainRomain05-20-2013

      Bonjour Ptijaaa,
      Merci pour ton commentaire,
      Tu parles bien de stabiliser ton image, c’est cela ?
      A vrai dire, je n’ai pas de solution miracle pour Mac, ne travaillant pas dessus et utilisant AfterEffect.
      A priori, il serait possible d’utiliser un outil de stabilisation sur I-movie. Voici un lien (de 2009) qui explique la procédure : http://www.mac4ever.com/dossiers/74356_stabilisons-nos-videos-avec-imovie
      Il existe également un outil (payant…49 dollars) : Elasty qui permettrait de stabiliser et recadrer les vidéos. Je ne peux pas t’en dire plus.

      S’il s’agit de seulement recadrer l’image, pratiquement tous les softs de montage le font, et j’imagine qu’I-Movie aussi.

      En espérant que tu trouves une solution pas trop chère. N’hésites pas à revenir ici pour nous dire ce comment tu as fait.

  2. PtijaaaPtijaaa05-29-2013

    Un grand merci, pour ta réponse très complète, malgré le fait que tu ne sois pas sur mac! Et Désolé pour ma réponse tardive…
    Alors, en premier j’ai testé sur iMovie. Très franchement, c’est super soft.. ce qui ne m’a pas étonné… Un résultat plus que médiocre pour ce type d’utilisation. Mais oui , ça existe…
    En second, j’ai testé l’outil Elasty dans sa version d’essai (30 jours). Et là il y a du résultat! Merci! Simple d’utilisation, interface sommaire mais il fait ce qu’on lui demande!
    Et en dernier, j’ai voulu me frotter à after effect cs6 et là, la perfection!
    J’ai juste une remarque, c’est un logiciel pro et donc très inaccessible (et je ne parle pas du prix…)…
    Aurai tu des conseils pour l’utilisation de ce superbe logiciel!
    Encore merci pour l’intérêt que tu as eu pour mon commentaire!
    En espérant te voir écrire de nouveaux article sur l’hyperlapse prochainement peut-être…! 😉

    • RomainRomain05-29-2013

      Merci pour ton retour.
      Elasty fonctionne donc pas trop mal. Pour compléter ton retour, le logiciel coûte 50 dollars dans sa version complète.

      Tu t’en es rendu compte, le top reste AfterEffect, qui est un logiciel pro (abonnement à 25€ /mois).
      Pour commencer avec ce soft aux utilisation multiple, tu peux utiliser la collection Class room in a book. Il s’agit d’une collection de bouquins qui font office de formation et de découverte d’un logiciel. Le livre est accompagné d’un cd avec des fichiers et est organisé comme un tutoriel géant. Chaque chapitre explique, pas à pas, une technique. C’est vraiment pas mal pour faire ses début et prendre des bons réflexes (raccourci, possibilités, réglages…).
      Sinon, sur le net, il y a pas mal de tutoriel. je peux te conseiller http://www.videocopilot.net/tutorials/ et http://maltaannon.com/ qui proposent des vidéos gratuites.

      A bientôt ! (pour un commentaire sur l’hyperlapse ? Patience !! )

  3. KenanKenan11-20-2013

    Merci pour cet article très complet!

    Donc si j’ai bien compris, quand un timelaps peut être réalisé grâce à une caméra (en supprimant une image à intervalle régulier lors du montage), l’hyperlapse ne peut être réalisé que grâce à un appareil photo (ou du moins des images) c’est ça?

    • RomainRomain11-22-2013

      Bonjour Kenan,
      Ce n’est pas tout à fait cela.
      Un hyperlapse EST un timelapse mais qui possède une dimension spatiale. Dans un timelapse, ton appareil est fixe (ou au maximum effectue une légère translation grâce à un rail). Un hyperlapse sera un timelapse où tu vas déplacer ton appareil de quelques centimètres entre chaque image.
      On utilise un appareil photo pour réaliser timelapse et hyperlapse.Mais en effet, tu peux essayer de filmer en continue en ne prélevant qu’une seule image à intervalle régulier.
      L’avantage de l’appareil est une résolution plus grande, un poids total des fichiers plus léger, et une plus grande souplesse en post-prod.

  4. KenanKenan11-22-2013

    En effet, je n’avais pas porté attention au poids des fichiers.

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