ITV : Daniel M. Silva, « world is not flat »

ITVdaniel

 

« World is not flat » telle est la devise de Daniel Miranda Silva, jeune portugais de 29 an, passionné par la photo, le voyage et le cinéma. C’est cette passion qui l’emmène à arpenter le monde en 2011, sans jamais emprunter l’avion. Ce voyage riche en expérience est l’occasion pour Daniel de transmettre sa vision du monde au travers de vidéos « cinématiques ». Ses films se veulent des témoignages de son ressenti sur place, un autre voyage en images d’une planète riche en diversité. Interview.

Daniel, qui es-tu ?

Daniel Miranda Silva : J’ai 29 ans, je suis portugais et j’ai fait des études juridiques. Passionné par le voyage, la photographie et la vidéo, j’ai suivi un atelier en 2009 à la Prague Film School pour m’aider à appréhender quelques bases techniques et des structures de narration par l’image.

Pendant les 2 années suivantes, j’ai continué à travailler comme avocat, jusqu’à ce que je décide d’aller de l’avant. Je voulais voyager autour du monde, et en même temps, capter des images exprimant ma propre vision créative. J’ai appelé ce projet « The World is not flat » (le monde n’est pas plat) pour plusieurs raisons.

 

Pourquoi avoir appelé ton projet « the world is flat  » (littéralement, « le monde est plat », que l’on peut traduire par monotone ou uniforme).

Daniel02D.M.S. : D’abord, car cette idée résume le concept d’explorer un monde continue, circulaire où une voie à suivre deviendrait un point de départ. Egalement, le nom du projet essayait d’affirmer quelque chose d’évident : que l’on vit sur une planète ronde que l’on peut parcourir sans crainte d’atteindre une arrivée. Enfin, je voulais transmettre l’idée que le monde, culturellement parlant, n’est pas plat (uniforme)). Il est une réalité diversifiée, pleine de contrastes et de contradictions.

 

 Parle-nous de ton voyage autour du monde.

D.M.S. : Mon voyage a démarré à la station de train de Santa Apolónia, à Lisbonne, le 29 avril 2011. Il se termina dans un arrêt de bus de la même ville le 27 septembre 2012. Entre cela, j’ai traversé le monde par voie terrestre et par les mers en visitant les pays suivants : Espagne, Italie, France, Allemagne, Pologne, Lituanie, Russie, Mongole, Chine, Macao, Hong-Kong, Vietnam, Cambodge, Panama, Colombie, Equateur, Perou, Bolivie, Chili, Argentine, Paraguay et Brésil. J’ai eu la chance de vivre tout cela, mais ai également réalisé toute la difficulté de réussir à visiter tous les sites que je voulais voir.

 

 Avant ton départ, savais-tu que tu allais monter des vidéos ?

D.M.S. : Oui et non. Je savais que j’allais essayer de faire un montage, mais je voulais également en faire pendant le voyage. J’ai emmené un ordinateur portable dans ce but et ai posté régulièrement des vidéos. Au terme de mon voyage, avec plus de temps, je les ai remonté en ce qui est devenu leur version finale.

 

Quel matériel vidéo as-tu emporté ?

Daniel-M-SilvaD.M.S. : J’ai commencé le voyage avec un Olympus EP-2 et deux objectifs : un zuiko 18mm 2,8 et un 40mm 1,4 Voigtlander (manuel). Plus tard, à Macao, j’ai finalement changer le 18mm pour un Lumix 14mm 2,5. Je pensais que c’était une meilleure option grâce à son angle plus large et sa grande ouverture. L’Olympus était ma caméra principale pour la plus grande part de mon voyage. Malgré ces quelques lacunes (notamment pour les options de cadences et la taille du capteur), je l’ai trouvée relativement bien. Plus tard, en Thaïlande, j’ai acheté une Go Pro Hero, ce qui m’a permit de réaliser des plans un peu plus risqués et de faire quelques images sous-marines.

En avril 2012, j’ai reçu la visite de ma mère. Je lui ai demandé de m’amener mon Canon 7D avec quelques objectifs. Inutile de préciser que je portais pas mal de poids à ce moment là. Mais comme je dis : emporte le maximum de ce que tu as besoin jusqu’au point le plus loin possible.

 

 As-tu été satisfait de ton matériel ? Le changerais-tu si cela était à refaire ?

J’étais content du matériel que j’emportais car il m’a permit de faire la plupart des plans que je souhaitais. Si c’était à refaire, je changerais quelques petites choses mais j’emporterais sans aucun doute un enregistreur sonore. Je crois que prendre au moins un bon objectif lumineux est important. Mais je vois aussi l’avantage d’avoir un zoom (si vous savez vous contrôler pour ne pas l’utiliser pendant les plans). Je dirais, si cela étais à refaire que je prendrais seulement un DSLR avec un objectif de portée moyenne (entre 30 et 50mm), un zoom téléobjectif et une des dernières caméras Go Pro. A cela, j’ajouterais du matériel de stabilisation (un tripod ou un petit steadycam pour la Go Pro).

 

Comment as tu filmé pendant ton voyage ? T’es-tu organisé tes cessions de prises de vue, ou as-tu filmé au feeling ?

Daniel-M-SilvaD.M.S. : J’ai pratiquement tout filmé « en live ». Je n’ai pas eu beaucoup d’occasions où je savais à l’avance ce que j’allais filmer. Malgré cela, j’ai toujours essayé de faire quelques vidéos : en me rappelant de faire des plans larges fixes pour planter le décor. Quelques plans en mouvement (et de suivi de personnes) pour apporter du dynamisme. Quelques gros plans sur des objets intéressants, des détails sur place. Et, le plus important, filmer les gens et leurs expressions. Je n’ai pas tout le temps réussit tout ça, soit à cause de la fatigue ou simplement parce que je voulais profiter de mon voyage.

J’ai toujours la caméra avec moi et m’accorde du temps pour faire quelques plans. Mais je n’ai jamais organisé de planning pour faire mes prises de vues.

 

 

 As-tu des conseils a donner d’après ton expérience ? 

D.M.S. : Je n’aime pas vraiment donner des conseils car je crois que chacun a ses propres expériences et ses objectifs. Cela dit, je pense qu’il est relativement facile de filmer et  de voyager en même temps, tant que que vous avez la patience et la force de le faire. Porter tout le temps son matériel peut être fatigant, et parfois, les gens ont peur de se faire voler ou de mouiller leur caméra. Je crois que vous devez évaluer les risques et si vous avez l’opportunité de filmer, prenez la. C’est toujours mieux de perdre une caméra qu’une bonne image. (perso, je suis pas à 100% derrière cette idée...)

 

 Quel objectif avais-tu en tête pendant le montage vidéo ? Peux-tu nous expliquer la notion de « cinématique » que tu utilises pour nommer tes films ?

D.M.S. : Le but de mes montages est de créer un cadre émotionnel fictif à partir d’un endroit réel. J’ai essayé d’emmener le spectateur dans un voyage, non pour l’informer d’un lieu, mais pour lui instiller un ressenti de cet endroit, comme je l’avais vécu. L’idée de cinématique vient de ma vision du cinéma comme créateur d’une image en mouvement qui, d’une certaine façon, unifie des parts fragmentées de réalité dans un monde visuel . J’espère avoir réussi quelque chose de semblable avec des images qui étaient réelles mais qui auront gardé une aura de mystère et d’aventure, ce qui est, à vrai dire seulement possible au niveau émotionnel.

 

 Tu utilises beaucoup de bruitages et de son additionnel dans tes montages à défaut de son direct. (voir la vidéo sur la Thaïlande) Est-ce une volonté ou une contrainte liée à la qualité des enregistrements ?

D.M.S. : Oui, l’utilisation de son direct dans mes vidéos était principalement limité par la qualité médiocre de l’enregistrement du son par la caméra. Malheureusement, je n’ai pas emporté d’enregistreur, (même si cela n’a pas été insurmontable, comme on peut le voir dans la vidéo du Mexique). Cela m’a contraint à quelques limitations et a affecté l’ambiance générale que je souhaitais recréer dans mes films.

 

Self portrait. Daniel M.Silva

Self portrait. Daniel M.Silva

Quels sont tes projets à venir ?

D.M.S. : Je serais l’année prochaine a l’European Film College, où je prévois de développer un nouveau projet, mêlant documentaire et fiction. Et concernant les voyages, j’espère être en mesure de visiter -et de filmer-l’Afrique dans un futur proche.

 

Merci à Daniel pour toutes ses réponses trés complètes. J’espère ne pas avoir trop dénaturé ses propos dans la traduction !

Retrouvez l’ensemble de ses vidéos ainsi que son journal de bord sur son site : World not flat

 

 

 

 

 

  1. TonyTony06-14-2013

    Je retiens que, quand tu veux filmer en voyage, la difficulté est de toujours avoir le réflexe de sortir ta caméra.
    En effet les raisons sont multiples pour ne pas la sortir et rater de supers plans : Flemme, fatigue, peur d’abîmer le matos, de se le faire voler.
    Sinon je compte également investir dans du matériel de stabilisation. C’est une chose incontournable si l’on veut faire des plan se rapprochant le plus possible des professionnels.

    • RomainRomain06-14-2013

      C’est une question que j’ai toujours en tête et c’est pour cela que je la pose à chaque fois dans mes ITV. Comment profiter de l’expérience d’un voyage et en même temps faire des prises de vues de bonnes qualité (donc avec du temps également). Qui plus est, le poids du matériel joue dans la façon où l’on va voyager…Un curseur à modifier en se connaissant en somme.
      Bonne idée de prendre un petit glidecam. Sinon, un monopod peut être pas mal aussi.

  2. DoudouDoudou06-15-2013

    Moi aussi je me tâte pour une GoPro… Mais ayant déjà un Olympus étanche qui fait vidéo, je me demande si l’investissement serait vraiment pertinent, même avec la qualité exceptionnelle de la GoPro.

    • RomainRomain06-15-2013

      Cela va vraiment dépendre de ton utilisation…C’est un Olympus type TG620 ? En es-tu content ? Si il te convient actuellement, peut-être qu’il vaut mieux attendre, le garder comme minicam, et investir éventuellement dans une caméra ou un hybride dédié à la vidéo. Mais par contre si tu veux le renouveller, peut-être que la question se pose.

  3. FilipFilip08-23-2013

    Bonjour. Je viens de découvrir votre article, merci pour ce très beau récit. Concernant la question de Doudou je suis absolument d’accord avec Romain, même si depuis le début d’année 2013 et mon premier voyage en Thailande je suis devenu fan de ma Go-Pro

Leave a Reply